Voces, Sara Baras, au Théâtre des Champs Elysées (Paris 8)

« De la liberté d’un cœur flamenco est né Voces. D’un cœur qui danse sa propre musique et bat à l’unisson de son pas, qui supplie le vent pour qu’on l’entende des profondeurs du temps et se répercute longtemps encore. Une voix qui lutte pour être l’écho, l’écho de ces voix qui nous ont émus, qui nous ont inspirés, sources calmes et claires auxquelles, aujourd’hui encore, nous venons boire et nous ressourcer. C’est la voix qui sourd de notre danse, de notre chant, d’un accord de guitare. C’est la voix qui caresse le plancher du bout de son talon et puis frappe, animé par la force de son âme. C’est la voix qui par humilité et d’une sincère admiration sait seulement dire « olé et merci « . Santana de Yepes.

Texte d’ouverture du nouveau spectacle, hommage, de l’artiste brillante de flamenco, Sara Baras. Cette création donnée en fin d’année dernière et début 2015, est en effet un hommage vibrant aux artistes qui l’ont inspiré, et dont les portraits s’illuminent dans l’obscurité de la scène, durant cette ouverture. Il s’agit d’Antonio Gades, de Paco de Lucia, d’Enrique Morente, de Carmen Amaya ou de Camaron de la Isla. Durant un instant, c’est le seul rythme des talons de l’artiste qui nous hypnotise, avant d’introduire le « corps de ballet » : six danseurs reprennent le rythme à l’unisson tandis que les rejoignent l’orchestre.

Durant une heure et demie, l’artiste nous transporte au fil des textes et des numéros, expressifs et retentissants. On s’attache alors aux détails : les mouvements précis effectués par les artistes, aux expressions de visages concentrées et affirmées, aux rythmes exotiques qui à eux seuls nous transportent plus au sud, ou aux costumes simples et chamarrés dont les mouvements virevoltants créent un espace d’expression autour des danseuses.

L’audience est sous le charme, suspendues aux rythmes et aux gestes, elle découvre les pas réglés précisément de tous les danseurs, les styles différents sensuels ou virils qui sont introduits, tous genres confondus, par Sara Baras elle-même. Tantôt femme, elle évolue derrières les volutes gracieux de ses robes, tantôt vêtues d’une veste masculine, elle présente un instant, une farucca. 

Face à Sara Baras, dont l’exécution des mouvements est nette, on trouve José Serrano qui nous entraine directement en Espagne, au fil des rythmes qu’il aborde. Sa technique est parfaite également, son attitude puissante sous ses airs virils affirmés. Pour soutenir leurs démonstrations, les trois couples qui leur donnent la réplique, nous ravissent. Ballets d’étoffe, d’attitudes, d’expressions, ils rivalisent de synchronicité, de pas exécutés dans le cadre d’une battle, ou de danses à deux, ils révèlent également l’émotion du public. Leur final est à l’image de l’esprit de partage du spectacle, où chacun présente un petit numéro sous les encouragements fiévreux de leurs camarades.

Sara Baras, quant à elle, nous livre une prestation en crescendo de ses pas, et de ses chorégraphies. Silhouette déterminée et tournoyante, elle parvient à mettre littéralement d’auditoire à ses pieds. Tous suspendus et incrédules, face à la vitesse des rythmes qu’elle effectue, uniquement à la force de ses pas. Elle seule réussit à traverser la scène, en la martelant frénétiquement de ses pieds. L’orchestre n’est pas en reste et lui répond, en composant avec la cadence qu’elle définit.

Sublime hommage, magnifique voyage que nous effectuons pleinement avec les artistes. Le public est unanime, c’est fabuleux…

2 Comments

  • Sandrine dit :

    En grande fan de flamenco, Sara Baras est mon artiste préférée, et j’ai bien sûr été voir ce spectacle.
    Clairement pas déçue, j’ai passé un moment extraordinaire moi aussi… j’ai adoré les tenues, et le charme viril de José Serrano. 2 très talentueux artistes et une troupe de danseurs tout aussi précis… bref, je conseille moi aussi vivement ce spectacle et attends avec impatience le prochain voyage en Andalousie ! 🙂
    <3 <3 <3

    • Gaelle Samy dit :

      Ah génial !! J’y suis allée avec ma mère qui revenait d’Andalousie ! J’ai vraiment adoré ce spectacle qui suspend le temps, et admiré la virtuosité des artistes. Très bonne journée !

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