Tournée des galeries entre une streetphoto colorée, l’humour grinçant de Joan Cornella et l’exotisme de la Nouvelle Orléans (Paris 11)

Alors que l’été s’étire sur Paris, et que le soleil joue à cache-cache, nous partons pour une tournée des galeries qui nous mènera successivement :
– devant les façades colorées des boutiques et restaurants du 11e
– à la galerie Art Factory pour voir l’exposition surréaliste et grinçante de Joan Cornellà
– dans les passages hors du temps entre Bastille et le Marais
– en passant par les toiles engagées de Ludo à la Magda Danysz
– et jusqu’à la Slow Galerie dans une jungle exubérante de dessins figurant la Nouvelle Orléans

Nous voilà métro Charonne, en direction de Bastille. En suivant la rue de Charonne, en quête de la galerie Art Factory que l’on trouvera au numéro 27, nous voyons défiler les façades colorées sous un soleil encore timide.

Nous nous apprêtons à découvrir les planches elles aussi vives et contrastées de l’artiste espagnol, Joan Cornellà qui dépeint la société avec un regard acerbe. Son humour noir, joue avec les perceptions, procédant par déformations, révélant des monstres dans tous les sens du terme. Sous sa plume au vitriol, on évoque des sujets aussi polémiques que le handicap, la mort, le racisme, la morale, dans une ambiance immanquablement jubilatoire.

Exposé jusqu’au 26 août dans la galerie, on y découvre des planches originales et des peintures grand formats, sans pouvoir retenir quelques éclats de rire. Il y a foule pendant la visite, et le public découvre avec excitation les planches, que chacun lit avec attention. On débat du sens de celle-ci, on rigole pour telle autre. L’exposition est une réussite, et on craque facilement pour un des 3 albums de l’artiste.

Galerie Arts Factory
27 Rue de Charonne
Paris 11e

En repartant direction le Marais, on emprunte la rue de Lappe, alors que la soirée mouvementée du samedi soir se prépare.

On arrive bientôt dans l’intimité préservée de la Cour Damoye, dont l’ambiance tranche avec l’activité branchées des rues alentour.

On poursuit en traversant l’axe du boulevard Richard Lenoir, pour atteindre le quartier du Marais par l’Est. Paris est relativement désert. Seules quelques présences éparses créent des îlots de vie par endroits.

Il faut remonter la rue Amelot, pour rejoindre la galerie Magda Danysz. Ici on découvre l’exposition de l’artiste Ludo, qui présente une série de dessins et de photographies. Jouant avec la couleur, par touches isolées, il souligne un détail, ou renforce un aspect de la scène qu’il saisit. Dénonçant la cruauté du monde, il transforme une botte de radis en seringues menaçantes, les visages sur un billet de banque en crânes menaçant… dans ses dessins l’organique se mélange à la technologie, le paysages réel s’enrichit par les dessins sur les murs. Le choix de la couleur verte, presque phosphorescente, isolée par procédé de « colorsplash », ressort dans la blancheur immaculée de la galerie et sur les toiles majoritairement noires et blanches. L’effet est réussi.

Galerie Magda Danysz
78 Rue Amelot
Paris 11e

A quelques mètres de là, on pénètre dans une atmosphère tout à fait différente. A la Slow Galerie, on trouve un enchevêtrement harmonieux des dessins aux couleurs variées. L’exposition rend hommage à la culture bouillonnante de la Nouvelle Orléans qui fêtera l’an prochain, le tricentenaire de sa fondation. Réunissant 48 artistes et 48 oeuvres chamarrées, où on peut noter diverses techniques artistiques différentes : gouache, aquarelle, peinture, collages sérigraphie, digigraphie… On passe ainsi, de scènes de carnaval, de cafés jazz, ou de paysages sauvages. L’effet d’ensemble est presque dépaysant, dans un espace de la galerie, on trouve un petit lexique propre à ce courant artistique. On décrypte et on précise des notions. Le voyage au coeur de la ville est tortueux, comme la promenade de notre regard sur les murs de la galerie.

Slow Galerie
5 Rue Jean-Pierre Timbaud
Paris 11e

On s’en retourne, rêveur en descendant vers le Marais. Attentifs aux scènes de rues, dans la torpeur de l’été. Par ici, un rayon de soleil fugace, et par là une scène indolente devant des façades qui crée le sens.

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