Small Room – Chiharu Shiota à la galerie Templon (Paris 3)

Près du Centre Georges Pompidou, on trouve la galerie Templon, aux expositions et dispositifs étonnants qui donnent à réfléchir. Nous en parlions précédemment, et le charme des lieux opère toujours.

Une fois encore, dans la petite cour de la galerie, on est encore loin de s’attendre à ce qui nous attend à l’intérieur. Pour les connaisseurs de l’artiste japonaise, et mieux encore ceux qui avaient vu l’exposition à la galerie il y a deux ans, où l’installation occupait toute la pièce, il s’agit d’un dispositif plus intimiste mais où les œuvres nous happent tout autant.

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L’exposition fait référence à la citation de Franz Kafka issue de son journal, qui énonçait que « chacun porte une chambre en soi« . Confondu dans un espace mental qui lui est étranger, le visiteur explore les méandres d’une mémoire où les choses sont enfouies, masquées, enchevêtrées dans un tissage savant. En effet, Chiharu Shiota travaille avec minutie à partir de fins fils noirs, emprisonnant dans ses toiles des objets diverses. Ses sculptures miniatures représentent des moments de vie, des souvenirs, des objets dont l’appartenance échappe, mais qui sont livrés tels quels. On joue le jeu, tantôt essayant de comprendre comment fonctionne le tissage, de voir comment les objets sont ainsi captifs des filets délicats.

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Dans les méandres de cet esprit qui nous livre ses pièces secrètes où sont détenus les souvenirs, on perçoit des instruments de musique, des kimonos, ou la toile elle-même qui crée des figures. A mesure qu’on s’enfonce dans la tentative de compréhension de ces moments, les objets déclenchent chez nous des réactions étonnantes. Certains, en effet, entrent en résonance parfois de manière irrationnelle. Certainement parce que ce tissage représente fondamentalement les liens au sens propres, les liens interpersonnels et la notion de dépendance inévitable que l’individu éprouve à l’égard d’autrui. Dans son entreprise appliquée, Chiharu Shiota explique que les fils sont pris les uns dans les autres, ils se confondent, se lient, se rompent à l’image d’un « miroir des sentiments ».

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Dans une autre pièce, l’installation « in situ » faite à partir de valises suspendues, affranchit les objets de leur utilité, libère le sens, en soulignant leur appartenance, l’absence de leur propriétaires, et les paysages qu’elles ont pu voir et visiter. On reste à contempler le spectacle, assis sur les sièges mis à disposition, dans une vision poétique qui interpelle.

(expo terminée)

A la galerie Daniel Templon
30 rue Beaubourg
75003 Paris

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