Rêves de laque – Le Japon de Shibata Zeshin au Musée Cernuschi

Maître japonais, Shibata Zeshin, est un des artistes les plus connus du Japon notamment grâce à sa participation aux Expositions Universelles de 1867 à Paris, 1873 à Vienne, 1876 à Philadelphie, 1878 et 1889 à Paris. Il se situe à la charnière de deux courants artistiques : l’Edo (l’époque des samouraïs) et l’ère Meiji (le temps de la modernité), et son œuvre témoigne des évolutions artistiques et sociales à la fin du 19ème siècle. Il s’inscrit en effet, dans une réforme des arts qui tente de créer un état moderne pour rivaliser avec les puissances occidentales. On commence la visite en découvrant le documentaire [Laques du Japon], qui rapporte les étapes de fabrication des objets en laque, traduisant ainsi le savoir-faire minutieux et séculaire des artisans Japonais de Wajima, sur la presque Ile de Noto. On comprend que la laque est utilisée au Japon depuis la nuit des temps pour des objets du quotidien jusqu’à être érigée en art. Ainsi éclairés, on aborde les œuvres de Shibata Zeshin qui sont présentées, peintures à l’encre ou objets laqués, avec un œil un peu plus aiguisé. Mais le maître japonais a fait évolué la technique en étant à l’origine d’enduits à motifs de vagues qui donne un effet de relief, ou à des enduits imitant le bronze comme dans [Plateau rectangulaire (Kabukon) à décor de pluviers au-dessus des vagues, vers 1860-1890, laque verte et noire, enduit de laque « imitant le bronze »] le bois de rose ou la céramique. Il est également à l’origine de la peinture de laque sur papier comme le magnifique [Héron blanc et Corbeau noir] où la forme du corbeau de dessine sur la feuille d’or de manière indélébile grâce à une laque noire luisante. Finesse des réalisations et nouveautés dans la technique du laque, Zeshin nous fait, un instant, toucher à un raffinement délicat.

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