Portes ouvertes des ateliers d’artistes à Montreuil (93)

Le week-end dernier les artistes montreuillois ouvraient littéralement leur porte au public, celle de leur atelier ou celle de leur habitation, pour dévoiler leurs créations. 185 artistes individuels et 392 collectifs étaient accessibles et la ville, découpée en 5 zones pour rendre la visite plus facile, s’appréhendait sous un jour différent. Des endroits insoupçonnés se laissaient explorer.

Notre trajet quotidien de notre appartement à la gare fut donc agrémenté de petits détours d’endroits si proches de chez nous, qu’il était parfois étonnant de voir « de l’autre côté ».

Commençant par l’usine Signac, nous avons découvert la réhabilitation de cet ancien établissement en logements souvent spacieux. L’irruption « chez les gens » apporte une dimension conviviale qui autorise immédiatement le dialogue avec le maître des lieux. Les œuvres sont souvent partie prenante de la décoration de la maison. Découvrant les plumes sur toiles et aquarelles subtiles de Dominique Leclercq, nous pouvions observer depuis son bel appartement en rez-de-jardin, la fenêtre de notre appartement. Ses représentations symboliques de la Porte de Brandebourg ou ses aquarelles réalisées au goutte-à-goutte figurant des lumières de phares de voitures dans la nuit ont commencé à nous mettre dans l’ambiance de cette balade.

Nous avons poursuivit à l’arrière du bâtiment, sur ses conseils, pénétrant dans l’atelier de Patrick Quedoc, émerveillés devant ses formes minuscules réalisées à l’encre (souvent à la pointe sèche) en couleurs ou juste en noir. Ses enchevêtrements de traits fins tous en rondeurs trouvent leur place aussi bien encadrés que centrés au milieu d’une page de carnet.

Plus loin, dans une grande résidence, nous sommes rentrés chez Joëlle Mayeur, créatrice de vêtements, réalisant de la customisation de vêtements aussi bien que de l’art végétal à partir de bois flotté par exemple. Ses articles colorés et inventifs permettent d’égayer des tenues simples ou très classiques. Je note ces bonnes idées de cadeaux. Nous déclinons sa gentille invitation à prendre le thé pour avancer dans notre exploration.

Derrière un grand portail, un jardin à la fois sauvage et ordonné, déroule un tapis de bogues de châtaignes. En face de nous une cabane d’enfant en bois, et d’autres jeux accrochés aux arbres. Au fond, se trouve l’Atelier Cali-Minie, qui présente les œuvres de plusieurs artistes. Parmi eux, ceux réalisés en pliages de livres de Rachel Bourtieu. Ainsi horloges, sautoirs, branches fleuries décoratives se présentent à partir de livres : des objets aussi poétiques qu’originaux. A côté, les réalisations « Raku célestes » de Nathalie Stack en céramiques, sont d’inspiration asiatique : vaisselle, pots ou récipients. Un joli voyage dans ce lieu bien animé.

Nous rendons visite à Carole Legrand, plasticienne militante, féministe et pratiquant l’art-thérapie. Ses toiles dénoncent le formatage de l’identité collective, la dilution des singularités. Ses thèmes de prédilection sont la femme, ou l’habitat. Nous sommes frappés par son détournement d’une affiche Bouygues pour une nouvelle résidence en construction. Elle s’approprie et développe jusqu’au bout l’univers fantasmé et suggéré de l’Eden perdu que l’on sent dans l’imagerie des infographies de projets en réalisation. Elle a dessiné les pommiers en fleurs, les gens heureux, la végétation débordante qui ruisselle des balcons. Son message est évident. Nous prenons le temps d’échanger avec elle, en l’écoutant parler de ses projets en institution ou en écoles, de ses cours qu’elle donne dans son atelier, et de l’art-thérapie.

Nous poursuivons par l’appartement et la terrasse provençale bien fleuris et verdoyants de Pascale Peuziat. Nous examinons ses poteries en grès, en céramique et ses bijoux en porcelaine.

Nous terminons enfin par l’appartement d’Isabelle Duplan qui réalise des tableaux en collages colorés pleins de matières. On y voit ce que l’on souhaite : des mandalas, des immeubles de banlieue surpeuplés ou des formes abstraites. Elle a invité Tomek Saint Pastou à exposer ses très belles photos de Paris dans son entrée. Ici ses angles de vue aussi bien que les situations sont originales et plaisantes. Et dans la verrière, Chrismali, créatrice de bijoux éphémères et de sculptures, nous présente avec beaucoup de passion son projet autour du lien. Son petit bijou tout en finesse se compose d’une chainette et de fils. Il rappelle que certaines choses ne durent pas et qu’il nous appartient d’entretenir les liens. Ils sont vendus par deux pour pouvoir en offrir un à quelqu’un, et accompagnés d’une carte postale d’artiste. Sa poésie et sa douceur concluent notre balade.

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Les portes ouvertes des ateliers d’artistes de Montreuil

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