Peintures de Rabindranath Tagore – La dernière moisson au Petit Palais

«Une chose qui est commune à tous les arts est le principe du rythme qui transforme les matériaux inertes en créations vivantes » dit en introduction Tagore. L’artiste protéiforme, connu plus couramment pour ses œuvres littéraires, avoue que ses dessins sont nés de ratures dans ses textes, et du lien qu’il établissait en les reliant les unes aux autres. Les tableaux présentés n’ont pas de titres, seules la collection et l’année sont indiquées. Faits le plus souvent à l’encre sur papier, ils sont regroupés par thèmes : portraits, animaux fantastiques, scènes de vie… On évolue librement parmi leurs « rêveuses et vagues volutes qui se précisent ensuite » comme l’indique De Noailles dans sa préface au catalogue de l’exposition de 1930. La diversité des techniques à elle seule fait voyager, on passe d’un vase fascinant (une des première toiles) dont les ornementations sont faites de petits ronds d’encre, à des créatures-objets oniriques (queue de singe, gueule de crocodile et anse de vase) rondes, à un portrait de seigneur moustachu aux traits anguleux, puis au portrait d’une femme tout en coups de crayon, ou à la toile rouge et noire d’un couple regardant dans la même direction. Comment reconnaitre le style de Tagore ? Le cheminement du trait laisse presque voir le hasard qui a décidé du contour de la forme, auquel s’ajoute une touche de naïveté mêlée d’authenticité qui se lit essentiellement dans les regards de ses personnages.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *