Opéras-découvertes à la Péniche Opéra (Paris 19) : « Les maîtres de chapelle » de Ferdinand Päer et « Il maestro di Capella » de Domenico Cimarossa

Ce soir c’est sous la pluie que l’on rejoint le canal de l’Ourq par le quai de Loire pour embarquer sur la Péniche Opéra. L’accueil est chaleureux, et on nous place du mieux que l’on peut. Ce soir à l’honneur la bouche : celle qui parle et qui exprime, celle qui chante et qui fait frémir. On va se délecter devant la présentation de pièces mal connues ou trop courtes pour être présentées, c’est là le but des « opéras-découvertes ».
Au programme, Il maestro di Capella de Domenico Cimarossa (2ème moitié du 18ème siècle) suivi des Maîtres de Chapelle de Ferdinand Päer (2ème moitié du 18ème siècle, 1ère moitié du 19ème).

Les artistes entrent en scène, avec un petit jeu d’acteurs : on assiste à une répétition d’ensemble. Mais la conjoncture économique obligeant, leur pupitre respectif est pourvu d’accessoires pour le moins étonnants (graviers dans des bouteilles d’eau en plastique, kazoo, maracas, etc…). Intrigués, on écoute le joyeux groupe qui essaie de jouer en chœur. C’est  Paul-Alexandre Dubois, caché au départ derrière la contrebasse, qui entame le chant. C’est lui le Maestro, qui cherche à mettre en musique un Aria avec tous ces musiciens. Ceux-ci pourtant, ne savent pas exactement quand jouer et il est obligé de fredonner la partie de chacun. Dans cette mise en espace, les instruments de l’orchestre sont remplacés par des instruments de fortune, qui tentent de produire l’effet recherché. Une mise en scène astucieuse, et une interprétation savoureuse qui rendent intelligible le texte, même pour ceux qui ne maîtrisent pas l’italien.

Au bout d’une demi-heure, les comédiens, qui ont beaucoup fait rire le public se retirent, et la scène est réaménagée pendant l’entracte.

Lorsqu’ils réapparaissent, ils nous emmènent dans un petit village près de Milan. Gertrude, la cuisinière nous introduit la scène en français cette fois : elle prépare à souper pour son maître, son neveu un peu stupide et sa fiancée (dont la présence est mise en doute).
L’accompagnement assuré au piano, par Caroline Dubost à la présence formidable et à l’accordéon par Eric Allard-Jacquin, est du meilleur effet. Gertrude nous explique également qu’elle est l’élève du maître de chapelle, qui la trouve à son goût en matière de chant, mais aussi en tant que femmes comme en témoignent ses allusions.

 

 

Son personnage tenu par Estelle Béréau est badin et sensuel, prouve sa supériorité malgré sa condition de domestique, en s’amusant sans cesse de la bêtise des deux hommes et en s’exerçant au chant avec brio. C’est elle qui nous entraine dans l’intrigue avec facilité et espièglerie. C’est elle encore qui nous étreint d’émotions, lorsqu’elle entame le fameux Duo qu’elle apprend avec son maître de chapelle, à la fin de la pièce.  Encore frissonnants, nous assistons à la fin de la représentation, dont on aurait bien aimé voir la suite !

A revoir et à suivre :
Les maîtres de chapelle

Dans une mise en espace d’Alain Patiès
Avec Paul-Alexandre Dubois, baryton
Estelle Béréau, soprano
Artavazd Sargsyan, ténor
Eric Allard-Jacquin, accordéon
Caroline Dubost, piano

A découvrir :
La Péniche Opéra
Face au 46, quai de Loire
Paris 19e

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