Matisse – Paires et séries au Centre Pompidou

Présenter la démarche créative et la genèse de l’œuvre chez Matisse telle semble l’ambition de l’exposition de ces « Paires et Séries ». La visite invite le spectateur à effectuer un jeu constant de confrontation des toiles présentées côte-à-côte. Souvent réalisées de manière rapprochée dans le temps, elles sont comme l’expression du doute de Matisse, mais aussi comme le résultat du travail incessant de sa technique picturale, la démonstration de l’acuité de son regard, et le questionnement du rapport entre le peintre et son œuvre. Véritable exploration, nous suivons la démarche de l’artiste et les étapes d’élaboration de sa toile : variations autour d’un thème, collages, et photographies documentant les différents états de l’œuvre qu’il qualifie de tableau d’expérimentation (on est d’ailleurs étonnés du nombre d’essais précédant la toile définitive, comme pour [La blouse roumaine]. Très vite, on commence à penser qu’il s’agit d’une exposition sur les points de vue autant compris comme l’angle d’observation du peintre qui produit la toile, la focalisation de son regard sur un détail de ce qui est représenté [Le bras & La robe rayée], le regard de celui qui observe l’œuvre, le jeu des personnages peints ou suggérés (comme les accessoires du peintre dans [Intérieur, bocal de poissons rouges]) en opposition aux objets inanimés, l’introduction de faux-semblants : un personnage est représenté avec des deux portraits accrochés au mur et un miroir qui le duplique dans [Les marguerites & La liseuse], l’importance de ce qui se joue hors champ (où on devine une situation une saison etc…) , que comme l’état du peintre qui saisit un moment, une attitude [Vu dans un fauteuil, plante verte], une vérité de la Nature. Ces impressions sont tangibles dans les toiles du [Pont Saint Michel] par exemple, et sont souvent traduites par différentes techniques empruntées à des courants différents : inspiré par le pointillisme de Signac [Luxe, calme et volupté], la technique cubiste de Juan Gris [Tête blanche et rose], ou le surréalisme de Juan Miro [Nature morte au coquillage]. Enfin c’est souvent dans radicalisation des formes et du regard, que surgit davantage la vie, le détail, la vérité [Vue de Notre-Dame].

Intérieur, bocal de poissons rouges à gauche, 1914 Huile sur toile 147x97cm Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris Legs de la baronne Eva Gourgaud aux Musées nationaux, 1965
Poissons rouges et palette à droite, 1914 Huile sur toile 146,5×112,4cm The Museum of Modern Art, New York Don de Florence M. Schoenborn et Samuel A. Marx, 1964

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *