Markus Raetz – Estampes à la BNF (Richelieu)

Markus Raetz découpe le réel, et fait naître les choses. Pour cela il lui suffit de descendre dans son atelier, et de modeler des formes dans le bois brut ou à l’aide d’un petit fil de fer. En effet, c’est sa femme qui en parle le mieux dans le film [réalisé par Iwan Schumacher] et projeté à la fin de l’exposition, où nous le voyons tordre deux petites tiges de fer qu’il attache au plafond à l’aide de ficelle pour révéler deux profils humains… L’exposition présente de manière thématique ses domaines d’expérimentation : de l’estampe à la figure, de la vision-perception au paysage, en passant par l’amour, les jeux de mots ou les mathématiques. Omniprésente la forme enchevêtrée du trait qu’il soit dessiné, animé (en dessin-animé) comme dans [Eben (même)], rendu sous forme d’écheveau dans [Wellen (vagues)] qui donne rappelle les représentations du relief d’une carte du monde, ou modelé dans du fil de fer [Schatten (ombres)] qui donne à la fois la forme d’une pipe et de ses volutes de fumée. Le trait parfois très minimaliste et elliptique suffit pourtant à illustrer finement son sujet, comme dans la série [Paar (couple)] où un couple faisant l’amour figure dans les mêmes proportions sur différentes matières et suivant différentes techniques picturales. Les jeux de la perception et du sens éclatent dans les dernières salles, « NO » devenant « YES » suivant l’angle de vue, les illusions et anamorphoses nous laissent étonnés.

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