Le livre rouge de C.G. Jung – Récit d’un voyage intérieur au musée Guimet

Dès les premières toiles, petites, et dont il faut s’approcher pour en saisir tous les détails, on pénètre dans l’esprit du psychiatre suisse, dans sa cosmologie personnelle. D’abord écrasés comme la Terre par le ciel nuageux menaçant du [Paysage de la Seine et nuages] (1902), nous comprenons qu’il s’agit de suivre le précepte de Jung « nous avons besoin de détruire car nous sommes nous-mêmes l’enchevêtrement ». Les rares vérités s’expriment pour lui par l’imagination et par les symboles. Jung, par le concept « d’imagination active » (laisser aller sa pensée), fait la rencontre des personnages qui habiteront ses dessins : Elie, Philémon, Salomé et le serpent. C’est elle qui lui permettra de comprendre le processus d’individuation, elle encore, par laquelle il essaiera de comprendre la structure de la personnalité. On évolue du [Systema Mundi Totius] (1906), véritable mandala, aux pages calligraphiées du [Livre Rouge], de [l’Atmavictu] (inspiration créatrice), aux 20 mandalas dessinés dont la magnifique [p105] représentant « Loki ou Héphaïstos » (figure luciférienne magique), en prenant la mesure de l’importance de la transformation : les figures s’entremêlent et se métamorphosent, c’est « l’activité éternelle du sens éternel ». Lorsque Jung découvre les arts asiatiques, c’est une révolution personnelle et professionnelle. La seconde partie de l’exposition présente une série de mandalas, qui permettent de saisir le fonctionnement de ceux-ci et d’effleurer le sens de ces représentations : au centre est placé l’élément constitutif du mandala. Serpent, livre, parole, ou bouddha. Et cette fois, c’est nous qui méditons et qui laissons aller notre imagination dans la contemplation de ses figures venues d’Asie.

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