Drôles de Mecs à la Comédie Caumartin (Paris 9)

DDMCaumartinNous avons décidé d’aller voir le spectacle entre filles pour terminer la semaine et bien commencer le week-end. Nous savions qu’il était question de danse et d’humour et ce programme nous convenait parfaitement. Dans la salle toute en longueur, nous avons compris que s’il on venait en groupe mieux valait réserver toutes les places ensemble pour se retrouver à côté, l’avantage étant que même un peu derrière la visibilité reste très bonne.

Le spectacle a ainsi débuté sur un rythme enlevé avec un savant mélange entre la danse, les répliques de ciné et une bande-son endiablée.
La particularité du quatuor de danseurs sur scène c’est la synchronisation parfaite des gestes et du son (musique, répliques, bruitages). Nous avions eu un aperçu de cela en visionnant leurs vidéos mais nous étions loin de nous douter qu’ils allaient ainsi tenir durant une heure et demie !

Sur l’affiche déjà nous avions eu un aperçu des différents physiques des quatre jeunes hommes, qui recèlent et expriment sur scène quatre personnalités très distinctes mais toutes sympathiques et amusantes. Ainsi, chacun sait tirer parti de sa physionomie pour l’incorporer aux numéros, ainsi Luis (le plus petit) effectue des sauts et des pirouettes souvent aidé de Shiler (très grand). De plus, chacun dispose de cordes bien spécifiques à son arc, que ce soit pour la danse, pour le jeu d’acteur ou pour les mimiques.
On apprécie alors l’aisance avec laquelle chacun convoque une gestuelle bien précise, passant d’une gestuelle à l’autre avec rapidité. Pour poursuivre avec Luis, il parvient à adopter les attitudes de Charlie Chaplin et de passer l’instant d’après à une imitation de Pamela Anderson (dont il arrive à reproduire le mouvement de course au ralenti, en bougeant seulement les pectoraux). Ainsi chacun prend place dans cette narration effrénée avec son charisme et sa présence. On les découvre à mesure que le spectacle avance, autant dans leurs performances dansées que dans leurs personnalités et une certains implication du public s’effectue déjà de la sorte. D’autre part, tous les quatre expriment avec justesse leur part de féminité lorsqu’il s’agit d’interpréter des personnages féminins, entreprise délicate dont ils s’en sortent sans trop en rajouter ou surjouer.

Le spectacle, un brin régressif dans ses références, aussi bien les chansons, les séries, les films ou les jeux vidéo, provoque l’adhésion du public qui les retrouve avec bonheur. On s’immerge alors à nouveau dans les ambiances, on salue l’énergie et les trouvailles des Drôles de Mecs : notamment l’intervention très bien trouvée de Mario ou Street Fighter, et on frissonne comme à l’époque lorsqu’il s’agit de voir devant soi les tueurs masqués de Scream ou de Souviens-toi l’été dernier. Le titre du film est d’ailleurs prétexte pour « zapper » de l’univers du film d’épouvante au clip de l’été, et ce passage désopilant provoque forcément le fou-rire. Les réinterprétations sont réfléchies et bien trouvées. Ainsi dans leur version de Stand by me, c’est l’un d’entre eux, tête en bas, qui matérialise la contrebasse, et qui sert de tronc arbre fendu en deux juste ensuite lorsqu’un autre joue au ninja. S’ils partent d’une base hip-hop qu’ils semblent partager, ils l’enrichissent chacun avec leurs influences, les danses actuelles, mais aussi des claquettes, de la danse africaine et autres.

L’interaction avec le public se fait naturellement, pour soutenir les quatre artistes, et parce que la bande-son implique assez rapidement, et puis le rire est provoqué dès le départ et met d’emblée à l’aise l’assemblée. La salle contribue aussi à cette proximité, puisque quand elle est éclairée, les artistes peuvent voir chacune des personnes.

Du spectacle on apprécie la maitrise des jeunes artistes dans leurs différentes prestations dansées et jouées. Les gestes sont parfaitement calés, les figures et les transitions très en place. On est vite gagnés par l’énergie qu’ils insufflent, et tout le monde tape des mains, bouge avec eux, et rit. Ce numéro est un formidable medley/ zapping qui permet d’évoquer sans s’apesantir et lasser des références de toutes sortes sur un rythme soutenu. Par moment, quand on aime particulièrement l’une d’entre elles, on aimerait en voir plus sur cette chanson ou sur ce film, mais on est déjà dans un autre univers. Peu importe, les Drôles de Mecs nous embarquent, et on garde en mémoire de jolis moments par exemple sur les chansons de Michael Jackson ou sur des musiques plus actuelles. Finalement on n’a pas envie que ça s’arrête mais c’est déjà une sacrée performance de tenir sans un moment de pause, aussi longtemps sans baisser dans le dynamisme et l’enthousiasme.
La présentation finale des artistes et le dernier petit rappel est sympathique et apparait comme un instant de partage.

Un très joli moment que je recommande !

http://youtu.be/ZDOoAKnpRmc

A découvrir :
Drôles de Mecs
avec Benjamin Renaudin, Luis Ribeiro, Shiler Bilal Pierrimas, Keviño Ddm
A la Comédie Caumartin
25 rue Caumartin
75009 Paris

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *