Contemplation chatoyante…

(Ma participation à l’atelier d’écriture qui consiste à illustrer la photo dans l’article)

Il avait plu toute la journée et il avait regardé les gouttes ruisseler sur la vitre, en suivant leur sillage : d’abord formant une petite rigole, puis en se décomposant en de nouvelles gouttes plus petites.

Le feuillage du tilleul face à lui oscillait doucement dans la lumière du jour. Une de ses occupations favorites, était de s’adonner à l’observation du passage. Les gens qui arpentaient le trottoir recelaient un secret mystère qui l’intriguait.

Où pouvaient-ils se rendre avec tant de précipitation ? La plupart étaient seuls, mais parfois, il voyait des couples, des gens avec un animal de compagnie, et là son attention s’aiguisait. Sa pupille rétrécissait, et il enregistrait tous les détails possibles.

Les gens ouvraient la porte de la maison qui lui faisait en face, souvent en portant leurs mains à leurs joues et ils semblaient plus détendus en sortant. Ses antennes lui indiquaient un mieux être. Que se passait-il donc derrière cette vitrine ? Parfois, le soir il discernait seulement le sourire éclatant des personnes qui descendaient d’un bond joyeux les marches. Un collier de perles suspendu dans le crépuscule.

Il avait parfois l’impression que l’essentiel lui échappait. Que signifiait tout cela ? Sa contemplation était son passe-temps et l’univers qui lui était donné. Les nuages s’étaient écartés, le soleil déchirant la pénombre étendait ses rayons dans le feuillage des arbres, qui paraissent se gonfler fièrement de toute leur chlorophylle. Des oiseaux prenaient leur envol. Il retint son souffle en les suivant du regard.

rue

Soudain, en silence, un homme s’était approché. Il avait regardé de part et d’autre, comme pour surveiller que personne ne remarque sa présence. Il s’était tourné vers la vitrine, il avait vu la robe. Gilda, la patronne, l’avait installée le matin même à l’abri des regards. Elle étonnait la clientèle, trompait le chaland et l’attirait en même temps. Loin de l’activité principale de l’enseigne, elle poussait les gens à ralentir la cadence, à lire les indications de la devanture et pourquoi pas à pousser la porte. Ingénieux, se dirent-ils tous les deux.

L’homme s’assit sur les marches. Ne sachant qu’il était observé à l’étage de l’immeuble d’en face. N’ayant absolument pas conscience qu’en miroir, un adorable chat angora s’adonnait à la même occupation que lui : l’observation des autres.

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