Caracas

[Le 16 novembre 2012]
De nouveau dans cette salle de concert. Tout en haut cette fois. Elle est à coté de moi avec devant elle un monsieur gros, grand et chiant qui ne cesse d’adapter ses mouvements comme pour faire exprès de la gêner. On est debout en train de danser et d’applaudir pour réclamer un rappel. Les lumières ne se sont pas rallumées. Bon signe me dis-je.
Le batteur/percussionniste apparait muni d’un large tambour. L’assistance bouge homogènement au rythme de ses battements. Un long moment avant qu’il ne soit rejoint par les autres.

Et le chant commence. « Ohhhh c’est ça !! » me crie-t-elle, exultant. Subitement, je revois ma chambre dans les combles. Elle est montée par l’échelle de meunier, elle a 4-5 ans. « Et, c’est où ma sœur, Caracas ? ». On a situé la capitale vénézuélienne sur la carte du monde punaisée à son mur. Elle a appris les paroles de la chanson rapidement comme une comptine. Elle la chante en accentuant exagérément la première syllabe du mot « Caracas ».
Elle est si parfaite. C’est mon cadeau de la vie. Là, grande de ses seize ans d’écart avec moi qu’elle traduit en seize bons centimètres, elle chante les paroles en les vivant avec le groupe sur scène. On ne se sert par la main comme au concert des Red Hot. Mais on communie pleinement. C’est comme une ligne qu’on pourrait rayer sur une liste de choses à accomplir dans la vie. Et eux viennent de nous permettre d’accomplir quelque chose. Je regarde les projecteurs illuminer son visage d’une lueur bleutée mais je le sens irradier de joie en-deçà, et cela suffit à me combler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *