Bérangère Krief au Grand Point Virgule (Paris 15)

C’est avec beaucoup de naturel et d’entrain que Bérangère Krief nous accueille dans son univers, au théâtre du Grand Point Virgule, aux pieds de la Tour Montparnasse. Et nous passons sans transition, de notre quotidien, du métro ou simplement de nos pensées à une satire savoureuse de notre temps.

Et si on voyait les choses un peu autrement ?
Bérangère commence par une mise en lumière des habitudes des filles, de leurs petits travers ou de leurs réflexions, elle dresse un portrait réaliste et désopilant de nos retards, de nos rapports avec nos amis, nos ex, ou notre hésitation sur le choix des fringues le matin. Les éclats de rire sonores ponctuent la chute de ses sketches, l’ambiance dans la salle est détendue.
Mais sous couvert de moyens ordinaires, où l’on se résume à penser qu’elle puise son inspiration dans ses relations avec ses amis ou des émissions qu’elle peut regarder à la télé, on peut lire une autre façon de voir les choses. Ainsi, on aborde les « célébrités » et même les BD (Tintin, les Schtroumpfs…) sous un angle homosexuel comme le fait son ami gay, ou l’on décompose ses pensées du matin lorsqu’on se regarde dans la glace comme elle le fait en les personnifiant comme des animateurs de télé-réalité. Impayable.

On se régale aussi des inventions de son cru : les cocktails de moches qu’elle réalise avec dextérité, les résumés chorégraphiques d’époques qu’on a tous vécues abordant l’évolution de la personnalité au cours des âges, ou de ses imitations tordantes (mention spéciale pour les voix de synthèse du métro !).

La douce raillerie à l’encontre des hommes n’est heureusement pas le fil rouge du spectacle, et Bérangère sait nuancer les sujets du spectacle pour amuser tout son public.
Son honnêté vis-à-vis de l’audience qu’elle prend à part
à  plusieurs niveaux : pour l’approbation de ses choix d’accessoires, de sketches ou de gags, mais aussi en choisissant un complice qu’elle nomme « Jérome » pour la soirée, contribue à installer une certaine proximité. Elle explique à l’assistance comment elle a construit le spectacle : « Le premier sketche devait parler à tout le monde, ici ce sont les filles qui se reconnaîtront et les garçons seront contents d’avoir vu une fille qui se déshabille sur scène », et sa suggestion finale qui propose des moyens de parler de cette soirée autour de soi, esquisse aussi une certaine autocritique qui fait sourire. Le spectacle est bien rythmé, et plus la soirée avance plus on a l’impression de mieux se connaitre. Le public n’est pas ici prétexte aux gags mais pris dans un échange efficace.
Elle nous confie ses défauts, ses habitudes, son temps passé sur facebook… D’ailleurs ce dernier donne matière à prendre une photo du public pour la publier sur sa page fan.

Souvenir pour tout le monde et conclusion de la soirée… On a envie de revenir !

A voir :
Bérangère Krief

Au Théâtre du Grand Point Virgule
8bis rue de l’arrivée
75015 Paris
Du 9 octobre au 22 décembre 2012

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