Bangkok (voyage en Thaïlande #2)

En arrivant à Bangkok, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’avais pour souvenir les mots de ma marraine, qui l’avait qualifié de « ville tentaculaire ». Aujourd’hui encore je ne sais pas ce qu’elle entendait par là : était-ce la désignation de l’étendue de cette ville, qui repoussait constamment ses frontières, ou plutôt le fait que c’est une ville qui vous enlace et vous étreint complètement ?

Arrivés vers 21h-22h le premier soir nous avons envisagé Bangkok à la fois comme un lieu de passage et comme une ville dont nous voulions mesurer par nous-mêmes quelques aspects. De la vie fourmillante qui ne cesse jamais, nous avons commencé par en percevoir les mouvements incessants, la nuit. Etincelante, la ville nous offrait à voir ses immeubles aux enseignes multicolores, ses terrasses improbables et colorées, ses enseignes aux chaque marque rivalise de taille et de lumière.

Remplie de petits stands de cuisine de rue ou de cantines sans prétention, la ville offre une restauration à prix modique quasiment à toute heure. Nous avons ainsi pris notre premier repas en nous confrontant pour la première fois à l’accent thaïlandais en anglais, si bien que je n’ai pas compris ce que je commandais au départ.

Pour notre première journée nous avons eu droit à un accueil, digne de vrais touristes qui visitent Bangkok. Nous étions pourtant pleins de bonnes résolutions, disposés à faire une balade d’une à deux heures à pieds dans les rues de la ville. Nous avions photocopié les pages du Lonely, et nous avions adaptés notre tenue pour la journée (légère mais couvrante pour pouvoir entrer dans les temples). Mais c’était sans savoir qu’un vrai comité d’accueil attend les touristes naïfs qui débarquent dans la capitale.
A peine avions nous fait quelques pas, qu’un homme aimable à l’anglais compréhensible, nous a conseillé une balade mêlant visite de temples et de fabriques, incluant la visite du Wat Pho (où l’on y verrait le fameux Bouddha couché, clou de notre visite initiale). Pour 20 bahts (soit 50 centimes d’euros), nous faisions 2h de balade en faisant 5 ou 6 étapes. Enthousiastes et pas un poil méfiants, nous avons entrepris la visite. Or nous apprenions par la suite, que le monsieur était en fait un rabatteur, que le chauffeur de tuk-tuk touchaient 30% sur les achats que nous faisions dans les fabriques, et que les étapes culturelles pures n’étaient qu’accessoires. Méfiance donc si vous vous faites aborder de la sorte.

Il n’empêche que la visite des divers temples, la conversation agréable avec un homme rencontré au temple du lucky Bouddha (qui, nous ne le saurons jamais était peut être de  mèche avec le rabatteur initial), et que les scènes de rue m’avaient conquises.

 

 

 

Le Wat Pho, situé à côté du Palais Royal, est un des plus grands temples bouddhistes de la capitale. En y pénétrant on perçoit les couleurs des lanternes et des mosaïques des stūpas, le bruit apaisant des cascades artificielles et les langues diverses et chantantes des touristes de toutes nationalités, le calme et la singularité de chaque wihan (ou chapelle), et cette atmosphère propice au recueillement.

Érigé par le roi Rama 1er en 1781, il abrite surtout le célèbre bouddha couché de 45 mètres doré à la feuille d’or qui représente l’ascension de Bouddha au Nirvana, 394 bouddhas dorés dans les galeries qui relient les 4 wihan dont les statues de Bouddha marquent les 4 points cardinaux, et l’école de médecine et de massages traditionnels (dont le but est de voir se perpétuer le savoir-faire thaïlandais).

L’étape suivante fut de partir en quête d’un petit restau dans le quartier de Chinatown. Nous n’avions pour seules indications, que les infos de notre guide, et nous décidâmes sans savoir ce qui nous attendait de déguster des « fameux nids d’hirondelles » décrit dithyrambiquement par le Lonely. Après avoir vu de nombreuses scènes de rues savoureuses : des hommes âgés jouant aux dames avec des capsules, des enfants derrière un étal de bananes, des ouvriers sur un chantier d’immeuble déjà mal assuré, les chaines emmêlées de fils électriques, les vendeurs de rue improbables… nous avons reçu dans notre estomac qui criait famine, l’ensemble du contenu de la noix de coco qu’on nous servait.
Cette bouillie blanche qu’il fallait agrémenter de miel, de noix de lotus, est en fait la sécrétion de martinets qui s’en servent pour construire leur nid. Le restaurant contenait des vitrines pleines de petits sachets en contenant. En buvant le breuvage, un doute inquiétant nous a traversé fugacement, mais nous l’avons chassé rapidement pour pouvoir en venir à bout. Ce met est très réputé en Asie, souvent très couteux, il fait office de plat raffiné. Avis aux amateurs…

Lors de notre retour du Nord, une semaine plus tard, nous avons débarqué à Bangkok un dimanche, tôt le matin pour ne pas s’y attarder. Nous devions reprendre le train en fin d’après-midi, direction le Sud Est. La configuration était intéressante, car si nous nous sommes heurtés à la fermeture du Grand Palais (qui n’ouvre qu’à 13h), nous étions tous proches du fleuve et du marché.

Nous avons un peu déambulé parmi les étals, s’emplissant d’odeurs et de scènes de cuisine, pour finalement se décider pour un tour en long-tail boat le long des canaux (ou klongs en thaïlandais), en passant par le marché flottant, ouvert justement le dimanche. Balade très agréable avec un chauffeur très attentionné qui ralentissait à chaque photo que je prenais. On est passé par différents types d’habitation, des plus mignonettes sur pilotis, aux plus décrépies, oubliées au milieu de l’eau. Nous avons vu des chantiers abandonnés, des varans énormes qui se prélassaient, des marchands ambulants sur leurs embarcations, ainsi que le quartier de la santé (hôpitaux, école d’infirmières), et bien sûr quelques temples.

Nous avons complété la visite par une promenade le long du fleuve, en passant par différentes universités (droit, économie, sciences politiques), pour voir l’étrange marché aux amulettes, où tous les petits objets porte-bonheur sont présentés en monceaux, proches de boutiques d’onguents en tous genres, où les connaisseurs et les moines examinent souvent avec attention les pièces les plus rares.
Nous avons ensuite été dans une rue minuscule (Ban Baht) contenant des artisans qui fabriquent les bols de prière, dans lesquels les moines reçoivent tous les matins de la nourriture déposée par les fidèles.  La technique traditionnelle de fabrication est toujours de mise dans ce quartier d’artisans, et la fabrication mobilise souvent toute la famille. Le son produit, son tintement, permet de mesurer sa qualité. Un vieil homme était en train d’assembler les 8 feuilles de métal qui le composent ( représentant les 8 rayons de la roue du dharma, ou l’octuple sentier, soit la voie vers le bouddhisme)  au milieu des piaillements d’enfants, et de chats errants. A ses côtés, d’autres personnes poursuivaient la chaine de production, en passant les bols sous le feu pour les façonner avant de les recouvrir de laque. Nous avons écouté les différentes sonorités et appris que certains étaient vieux de plusieurs décennies.

Dans la capitale, attention de ne pas se laisser prendre facilement par les rabatteurs, pour ne pas garder un goût un peu amer de notre visite. Car la promenade en ville est agréable en tuk-tuk comme à pied, la culture est riche, et surtout on en prend plein les yeux…

1 Comment

  • Françoise dit :

    Bravo pour ces beaux récits. Je suis ravie que vous ayez passé un bon séjour au pays du sourire. Que ce voyage puisse vous donner l’envie de poursuivre la découverte du monde.
    A propos des rabatteurs: c’est en voyageant que l’on apprend à ne pas se faire trop « pigeonner ».

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