6 feet and perfect Galerie (Paris 7)

Quoi de mieux par un temps gris comme celui-ci que de s’imaginer dans la douceur paisible d’une des plus belles plages du monde ? Pour concrétiser davantage cette rêverie, faites un détour par la Galerie 6 feet and perfect dans le 7ème.

En contemplant les photos aux murs, on sent presque déjà le sable crisser sous nos pieds. On a quitté Paris, on est tour à tour au Mexique, dans les Landes, aux Etats-Unis ou à Hawaii. Mais pas toujours dans les spots habituels que tout amateur de sport de glisse connait.

© Matt Clark

Que ce soit dans le Maine, dans le New Jersey ou dans les environs de New York, on découvre avec Matt Clark, des lieux étonnants emplis de matière ou de sérénité. Ses personnages cheminant vers l’eau, ou ses vagues prises au ras de l’eau, nous font entrer tête la première, dans l’élément liquide. On sent la texture de la vague. Témoins de moments décisifs, les photographes exposés ici, racontent une histoire exceptionnelle à chaque fois : Steve Fitzpatrick confie ainsi que pendant son 3ème voyage à Puerto Escondido au Mexique, après deux semaines sans vagues, un matin, des conditions exceptionnelles étaient réunies.

© Steve Fitzpatrick

Une vague de 8 à 10 pieds se déroulait puissamment à quelques mètres sur bord de mer. « Avec le temps qui se couvrait, j’ai trouvé un angle intéressant duquel je pouvais créer une bonne composition avec mon objectif 300 mm. Il ne me restait plus qu’à attendre que quelqu’un prenne cette grosse bombe qui déroulait près de la plage. ». Les vagues accueillent les surfeurs comme pour donner une notion d’échelle, mais ce n’est pas la prouesse technique du sportif qui est recherchée.

Dans le commentaire que fait Chris Burkard de sa photo intitulée « Perfect day »,

© Chris Burkard

il décrit le moment en ces termes «Le shore break était si gros et le vent si fort que j’ai raté la plupart des meilleures vagues. Mais finalement, tous les éléments se sont trouvés réunis : la lumière, le vent et les vagues… tout était parfaites. C’était comme si la nature avait trouvé une parfaite harmonie pour ce moment unique. Alors que Peter Mendia surfait avec facilité sur cette vague, le backwash a frappé, envoyant une pluie dorée de 3 mètres au dessus de sa tête ». Ici, ce que l’on apprécie c’est ce plan large qui donne une bonne idée de l’espace, et de l’environnement, le contraste entre l’élément liquide et l’élément solide des montagnes, et le surfeur qui ajoute une pointe de vie. Le sujet, c’est davantage la Nature elle-même, la mer dans sa plus grande pureté. On capte ainsi des formes, des matières, des mouvements.

© Myles McGuinness

Les vagues deviennent reptiliennes, comme dans la fantastique vue de Myles McGuinness « Silver Lining ». Sensibilisés à ces nuances, nous apprécions le glossy de certaines vagues, la translucidité d’autres, la matière pure placée en premier plan, jusqu’à plonger littéralement dessous. L’intemporalité des images, ici est due en grande partie à la direction artistique, à la ligne graphique directrice : il s’agit de la mer avant tout. Les personnages ne sont pas indispensables, et s’ils sont présents il est important qu’on ne perçoive pas directement leur visage. Les photos permettent ainsi la projection du spectateur, qui peut y appliquer ce qu’il souhaite à un instant défini. Dans cette contemplation toujours renouvelée, les photos évoluent bien avec le temps, accompagnant le spectateur ou leur possesseur sans qu’il ne s’en lasse. Si le sujet de la photo de vague semble très répandu, il n’en demeure pas moins que trouver LA photo originale que l’on souhaite posséder n’est pas chose aisée. Ici les photographes se distinguent justement par leur intelligence du regard, leur flair pour dénicher l’angle nouveauqui différenciera leurs images.

© Cesar Ancelle-Hansen

C’est ce qu’il ressort de toutes les photos présentées, de celle de César Ancelle-Hansen qui remporte aisément notre adhésion en montrant la Côte des Basques de manière minimaliste, ou de celles sous la vague, qui produisent des spectacles étonnants. Mais la mer n’est pas le seul univers de la galerie 6 feet and perfect, la montagne est présente aussi, dans une dimension vertigineuse et graphique.
Ici aussi on apprécie les cordées à flanc de montagne, ou la vue de l’école de ski qui descend la piste, mais également les vues escarpées comme chez Mark Fisher ou Matt Georges ou Will Wissman. La galerie est en contact avec un groupe de photographes triés sur le volet, passionnés, qui travaillent directement à l’eau ou non, toujours en quête d’absolu.

Accueillis chaleureusement, les « pilotes » de la galerie sont très sympathiques. Ils contribuent à nous guider dans cette très belle exposition, en ponctuant les photos d’anecdotes. La conversation se lie facilement et le partage d’impressions sur une photo est aisé et agréable.

© Freddy Cerdeira

Une belle rencontre pour un endroit qui fait perdre pied et oublier un instant qu’on est à Paris.

A découvrir :
La galerie 6 feet and perfect
Du lundi au vendredi
7 rue Malar
75007 Paris

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *