Le quartier Mirabeau, la nature dans la pierre et le fer – Une balade avec l’association Volumes Urbains

AurélieDécouvrir le quartier Mirabeau en compagnie d’Aurélie Azevedo, architecte (et amie surtout), m’a fait oublier la pluie de cet après-midi d’automne.

Si on se replace à la fin du 19ème siècle, le 16ème arrondissement de Paris était un village jusqu’à l’Annexion en 1860, où l’ambition de Napoléon fut de faire de la capitale, « une grande métropole ». L’objectif de notre promenade est de déceler la présence de la Nature dans les constructions et de décoder les principes architecturaux qui caractérisent l’Art Nouveau.

La balade attire notre regard sur les façades parisiennes en particulier sur les réalisations d’Hector Guimard, architecte de la fin du 19ème siècle – début 20ème, associé aujourd’hui aux stations de métro parisiennes, et souvent considéré comme le Père de l’Art Nouveau en France. Ce mouvement prend la suite des constructions haussmanniennes rationnelles, avec des façades régulières conçues selon les règles haussmanniennes  toutes un peu semblables et précède l’Art Déco (plus élitiste, aux lignes droites et géométriques et aux formes ordonnancées).

On commence par la station de métro Mirabeau de laquelle on vient de déboucher . Il existe 3 types de stations imaginées par Guimard. Ici on comprend que les poteaux qui tiennent la pancarte « Métropolitain » sont comme des tiges de plantes, au bout desquelles les lampadaires apparaissent comme des bourgeons. Sur certaines stations (à Abbesses ou à Châtelet par exemple) la marquise (verrière qui protège l’entrée de la bouche) n’est pas sans rappeler les ailes d’une libellule.  Nous dépassons l’église d’Auteuil, qui porte étrangement le blason de la ville de Paris sur le côté, pour découvrir l’hôtel Mezzara. Commande d’un marchand de tissus et de dentelles fortuné, c’est pour Guimard l’occasion de s’essayer à l’exercice de la réalisation plus intimiste d’un hôtel particulier. Il réalise tout autant l’intérieur que l’extérieur du bâtiment. Ce dernier rompt avec la symétrie en étant affublé d’une tour (pour les domestiques) à sa droite et sa porte d’entrée collée à gauche. On peut ici apprécier toute la rondeur des lignes et on note le dégagement aménagé par l’architecte devant l’édifice afin que l’entrée ne soit pas directement sur la rue. La pierre de taille est majoritaire, à l’exception des pierres en meulières qui viennent renforcer le bas de l’édifice.

Plus loin, dans la rue Agar, dont même la plaque de rue a été designée par Guimard, on découvre un ensemble de 6 bâtiments. Les volumes sont travaillés dans le relief et on sent bien la ligne en « coup de fouet » qui lui est propre : dans les encadrements de fenêtres, dans le design même des bas de gouttières, et dans les balcons variés. Cet ensemble immobilier qui devait compter treize bâtiments et constituer tout un îlot est resté en partie inachevé mais nous permet d’observer l’architecture d’Hector Guimard à une échelle plus vaste, et les variations mises en œuvre sur différents édifices voisins.

Le café Antoine, dans le quartier ne fait pas exception, il est aussi passé dans les mains de l’architecte. Entrant rapidement dans le bar, on découvre ces curieux lampadaires semblables à ceux des bouches de métro, et toutes ses formes rondes que nous sommes maintenant habitués à voir.

 

 

Le Castel Béranger clôture la marche. Nous le découvrons avant tout dans le design de l’ensemble du bâtiment : entrée tarabiscotée, essai de la polychromie, bouches d’aération colorées et designées,  formes courbes. C’est une belle synthèse de ce que nous avons vu auparavant tout au long du parcours dans des bâtiments réalisés ultérieurement dans la carrière d’Hector Guimard. L’essai de la polychromie étant considéré par beaucoup comme fantaisiste et ne parvenant pas à séduire un large public, il l’abandonnera ensuite jouant pour la composition de ses façades avec des matériaux dans une gamme plus monochrome. Nous prenons soin de regarder après la façade, l’entrée derrière la porte (en observant derrière les barreaux), puis de faire le tour pour voir l’arrière depuis le Hameau Béranger. Encore une fois, nous voyons que l’architecture extérieure traduit ce que l’édifice contient : les fenêtres disposées en escaliers laissent penser qu’il y en a justement un derrière.

En parcourant ces quelques rues avec Aurélie, elle a su nous sensibiliser à l’Art Nouveau, et développer l’acuité de notre regard.

A découvrir :
L’association Volumes Urbains
http://volumesurbains.blogspot.fr/
Et demandez le programme des prochaines balades !

 

1 Comment

  • Françoise dit :

    Eh ben dis donc, ça nous donne pas mal d’idées de balades dans Paris. bravo Gaëlle pour ces aticles très intéressants

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *